Tchétchénie , le déshonneur russe

Publié le par Theophile

              











-Texte intégral extrait du Figaro 29/07/2003-

Cela fait près de 50 fois en quatre ans que la reporter Anna POLITOVSKKAIA 43 ans
quitte ses enfants et les lumières de Moscou pour le monde des ténèbres et des ruines de la Tchétchénie en guerre.

Mais la journaliste de l'hebdomadaire Novaia Gazetta a beau raconter les femmes violées,mutilées
scalpées par des soldats pour une simple bière.

Elle a beau décrire la souffrance des vieillards tués sans sommation ,des soldats russes retenus en otages par leurs supérieurs jusqu'à ce qu'ils paient la moitié de leur prime de fin de service.

Elle a beau avoir écrit l'histoire de policiers saint-petersbourgeois qui pour voler l'argent des retraites
du village de Starye Atagi auraient abattu deux des leurs puis camouflé leur butin dans les cercueils de leurs victimes.

Elle a beau avoir une plume éloquente et un courage qui force le respect,
plus personne en Russie ne l'écoute.Sur la Tchétchénie tous les médias se taisent.
Un jour ,Anna Politovskaia a failli ne pas revenir. Arrétée par des militaires ,elle a été battue ,humiliée
et placée dos à dos à une batterie d'artillerie pour un simulacre d'exécutions.

Ellea alors ressenti ce qu'éprouvent les civils innocents quand ils sont arrétés et torturés.

"EUX C'EST NOUS" écrit-elle des Tchétchènes dans un poignant ouvrage 
Tchétchénie :Le Déshonneur russe

Anna Politkovskaia a compris que "les bourreaux très spécifiques" qui naissent au Caucase
pourront demain si "l'intéret de l'Etat" le commande, user de la meme violence en Russie.
Elle voit l'intolérance et le racisme gagner du terrain ,la militarisation des comportements envahir les rues.

Un homme porte -selon elle- une responsabilité particulière pour ces "monstrueuses tendances"
Vladimir Poutine. La violence de son réquisitoire contre le président tranche avec le ton courtisan de la presse.

Anna Politkovskaia est décidemment bien seule.

Publié dans sos-tchetchenie

Commenter cet article