Comment le pouvoir russe harcèle les ONG

Publié le par Theophile


Le pouvoir russe harcèle les ONG travaillant sur la Tchétchénie

 
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Les agents des services secrets russes ont convoqué Stanislav Dmitrievski, le responsable de l’ONG "Amitié russo-tchétchène", à Nijni Novgorod, jeudi 20 janvier, jour de l’arrivée en Russie de Michel Barnier. Ils ont expliqué à ce défenseur des droits de l’homme que des informations publiées dans le journal de l’association, notamment une lettre ouverte du chef indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov adressée au Parlement européen, pouvaient tomber sous le coup de la loi antiterroriste. Ils ont saisi des documents, et veulent empêcher la publication de cette feuille d’information consacrée aux événements en Tchétchénie.

L’ONG, qui regroupe des intellectuels et militants démocrates de cette ville de la Volga, n’en est pas à son premier démêlé avec les autorités russes. Mais cette descente des services secrets est intervenue une semaine seulement après une opération similaire, menée à Nazran, le chef-lieu de l’Ingouchie dans le Caucase du Nord. Le local visé était celui du centre de presse du "Conseil des ONG", qui s’efforce aussi de collecter et diffuser des informations sur la Tchétchénie. Les hommes du FSB, les services secrets russes, étaient vêtus de masques et braquaient des armes automatiques sur les employés, plaqués au sol. Des ordinateurs et des documents ont été saisis.

Ces incidents ont été dénoncés par la Fédération Internationale Helsinki comme relevant d’une "politique destructive d’intimidation des défenseurs des droits de l’homme qui s’efforcent d’œuvrer pour la paix et la justice en Tchétchénie".

PRISES D’OTAGES

Après avoir interdit l’accès libre à la Tchétchénie aux médias, le Kremlin s’applique désormais, selon Tatiana Kassatkina, de l’association Memorial à Moscou, à empêcher toute diffusion indépendante d’informations sur la situation dans la République par des ONG russes. "Nous sentons les menaces de fermeture qui pèsent sur nous et cela donne des frissons dans le dos", dit cette ancienne biologiste, infatigable militante au sein de l’organisation fondée par Andrei Sakharov.

Aucune de ces informations - pas plus que celle faisant état de l’enlèvement en décembre, par les forces de l’ordre, de huit membres de la famille de Aslan Maskhadov en Tchétchénie - n’ont donné lieu à des commentaires, vendredi 21 janvier, lors de la conférence de presse conjointe des ministres français et russes des affaires étrangères et de la défense à Moscou, ce qui a permis au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, d’affirmer que la situation en Tchétchénie ne posait plus de problème "puisque personne ne m’a posé la moindre question là-dessus".

Le procureur général de Russie, Vladimir Oustinov, s’était prononcé, au lendemain du drame de Beslan, fin 2004, en faveur d’une nouvelle méthode pour réduire des "groupes de terroristes" : la prise en otage, par l’armée ou la police, de membres de leurs familles. Des milices tchétchènes prorusses, dont le chef, Ramzan Kadyrov, connu pour sa réputation de tortionnaire, a été récemment décoré par Vladimir Poutine de la médaille du "Héros de la Russie", ont ainsi procédé à l’enlèvement de proches de Aslan Maskhadov, avant de les conduire vers un lieu de détention secret.

Natalie Nougayrède


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