Mercredi 31 mai 2006

       
                           "Circulez y a rien à voir en Tchétchénie!...."

   N'oubliez pas le Forum Actualités  http://sos-tchetchenie.forumzen.com/  et faites le connaitre !

  




Loin des caméras !  Loin des opinions internationales 
Monsieur POUTINE qui vient se pavaner dans nos capitales occidentales supervise le haut commandement de ces actions .

   Les opérations de nettoyage, en russe zatchistka, consistent officiellement à vérifier l?enregistrement des citoyens tchétchènes sur leur lieu de vie et lors de leurs déplacements dans la république de Tchétchénie. Ces opérations donnent lieu à des pillages et à des arrestations systématiques.

Le principe est toujours le même: des unités russes, pouvant compter jusqu?à 4.000 hommes, encerclent de nuit un village entier avec de l?artillerie lourde et des tanks. Les soldats attendent alors le lever du jour pour entrer dans les maisons, piller la nourriture, les meubles et les vêtements, mais surtout, arrêter des «suspects» terroristes. Leurs victimes sont principalement des hommes âgés de 15 à 60 ans. Ils sont ensuite rassemblés dans des « points de filtration » autour du village. Il s?agit généralement de fosses creusées dans la terre, ou de bâtiments désaffectés, que les militaires russes transforment en lieux de torture.

Cette pratique très répandue, qui peut parfois durer de 2 à 12 jours, s?est considérablement intensifiée depuis l?automne 2001. Certains villages, moins pauvres que d?autres, sont plus particulièrement frappés. En février dernier, des habitants du village de Tsotsin-Yourt nous ont ainsi déclaré avoir subi 37 zatchistka depuis le début de la seconde guerre.

    

S'agit-il d?opérations militaires légales?

Ces man?uvres sont prétendument légitimées par l?article 13 de la loi anti-terroriste du 3 juillet 1998. Cette dernière autorise, lors d?opérations anti-terroristes, les soldats russes à entrer dans les maisons pour perquisitionner les voitures ou arrêter des suspects. Mais, il s?agit d?une loi floue. Il n?y a aucune réelle législation en la matière.

Peut-on dire que la guerre a pris, depuis maintenant plus d?un an et demi, un nouveau visage, celui d?une guérilla?

Les militaires russes sont extrêmement présents de par leurs nombreuses exactions. Mais, il y a très peu de vrais combats, et sans véritable ligne de front. Les bombardements massifs du début de la guerre ont été remplacés par ces pillages, enlèvements et meurtres à répétition.

Quelles sont les régions les plus touchées?

Ce sont principalement les régions du centre et du sud de la Tchétchénie. Située au sud-ouest, à proximité des montagnes, la région d?Ourous-Martan est particulièrement visée. Depuis le début de la guerre, elle est connue pour abriter une majorité de combattants tchétchènes. Mais, elle subit depuis peu une nouvelle forme de violence armée. Y sévissent les attaques de ce que l?association russe Mémorial (2), avec laquelle nous travaillons, appelle les «escadrons de la mort». Ce sont des groupes de soldats russes armés et masqués de cagoules noires, qui pénètrent de nuit dans les maisons et enlèvent les jeunes hommes. Autant d?arrestations arbitraires qui se soldent la plupart du temps par des disparitions.

Dans votre rapport, vous parlez d?un «marché des morts et des vivants». De quoi s?agit-il?

Il y a tout un marchandage autour des prisonniers tchétchènes, qu?ils soient morts ou vivants. Il s?agit d?un système parfaitement rodé. Les familles peuvent payer la libération d?un parent prisonnier en versant des sommes, plus ou moins élevées, aux soldats russes. Il est également très fréquent de voir les Tchétchènes acheter, contre 1.000 à 3.000 roubles, le cadavre du disparu.

Ce marché macabre s?est considérablement développé depuis près d?un an et demi, avec l?arrivée du FSB -l?ex-KGB- à la tête des opérations anti-terroristes. Toute une micro-économie s?est donc mise en place et généralisée autour de ces nettoyages. La Tchétchénie est véritablement devenue un pays à piller. Selon nous, il s?agit même d?une des raisons pour lesquelles la guerre perdure.

Selon vous, ces opérations résultent donc d?un système organisé, et non d?exactions isolées?

Exactement. Si le discours officiel russe prétexte des débordements ou des cas de désobéissance isolés, le déroulement même des arrestations et des détentions de Tchétchènes tend à prouver le contraire. Les prisonniers tchétchènes, enlevés lors de nettoyages ou à des postes de contrôle, sont emmenés dans des lieux de détention légale, comme les isolateurs de détention provisoire, IVS en russe, mais, plus souvent, dans des lieux de détention illégale. Ce sont en général des fosses, des usines désaffectées, ou encore des antennes locales du FSB.

La présence de fosses communes à Khankala, le quartier général des forces fédérales en Tchétchénie situé en banlieue de Grozny, est elle aussi avérée. Elle confirme l?existence d?un système centralisé. Les familles de victimes savent ainsi que, pour libérer contre rançon un parent arrêté sur le territoire tchétchène, elles peuvent se rendre à Khankala. C?est une sorte de non-dit connu de tous.

Vous avez parlé des arrestations et meurtres visant la population masculine. Qu?en est-il des femmes ? Avez-vous réussi à obtenir des témoignages de viols commis lors des opérations de nettoyage?

Dans la société tchétchène, le viol est un acte déshonorant qui touche toute la famille de la victime. La femme violée étant généralement répudiée par son mari, elle ne cherchera donc à témoigner. Bien au contraire.

La population civile a-t-elle ressenti une intensification de la violence armée suite au 11 septembre 2001?

Vladimir Poutine et le commandement russe se sont, sans aucun doute, sentis plus légitimés. Mais nous ne pouvons pas réellement parler d?intensification flagrante.

Quels sont les recours judiciaires des victimes tchétchènes?

Les rares tribunaux tchétchènes, qui ne sont rouverts que depuis janvier 2001, exercent une justice à double vitesse. Si l?on s?empresse de juger les Tchétchènes, les enquêtes criminelles à l?encontre des soldats russes sont souvent suspendues. Quand les soldats ne sont pas acquittés ou jugés «irresponsables», comme ce fut le cas dernièrement lors du retentissant procès du colonel Boudanov. Des enquêtes criminelles sont donc fréquemment ouvertes, mais n?aboutissent que très rarement. Jusqu?à présent, seuls 30 militaires ont été condamnés par la justice civile. Et nous ne connaissons pas les affaires traitées par les tribunaux militaires, dont relèvent par exemple les unités du ministère de la Défense.

Les militaires russes jouissent donc d?une impunité quasi-totale?

Oui. Bien plus que cela, il s?agit d?un système organisé, reposant sur la non-identification des criminels. Lors des nettoyages, les soldats se rendent souvent méconnaissables en se masquant, ou en camouflant la plaque d?immatriculation de leur véhicule par de la boue. D?où l?impossibilité de déterminer à quelle unité ou division ils appartiennent. Un problème qui prend toute son ampleur si l?on considère la complexité de l?infrastructure militaire russe en Tchétchénie. Il y a, en effet, de nombreuses unités impliquées dans le conflit depuis le FSB, le ministère de l?Intérieur jusqu?au ministère des Situations d?urgence.

Certains soldats russes devancent même toute poursuite judiciaire. Il arrive que des familles, rachetant le corps d?un fils exécuté, aient ainsi à signer une déclaration stipulant que le défunt était un combattant. Un moyen efficace auquel ont recours les militaires, quand ce ne sont pas simplement des menaces de représailles.

Vous vous êtes, par ailleurs, rendue dans les camps de réfugiés tchétchènes en Ingouchie. Qu?avez-vous constaté?

Nous avons visité les camps de Karaboulak et Malgobek, et rencontré des réfugiés dans les locaux de Mémorial à Nazran, la capitale ingouche. D?après les témoignages recueillis et nos propres constatations, les infrastructures sont minimes. Les réfugiés dorment dans des tentes du HCR, le Haut-Commissariat des Nations Unis aux Réfugiés, et jusqu?à très récemment, dans des wagons de train. Une situation peu reluisante qui s?accompagne notamment de nombreuses coupures d?eau et d?une précarité permanente.

L?exode tchétchène se poursuit-il?

On estime à 200.000 réfugiés tchétchènes présents en Ingouchie. Mais, l?exode est difficilement identifiable. Les nombreux allers-retours quotidiens entre ces deux pays frontaliers font qu?il ne s?agit ici que d?une estimation. Ce sont surtout des femmes tchétchènes qui traversent la frontière pour se rendre en Ingouchie, et vendre sur le marché des produits artisanaux ou voir de la famille.

En mars dernier, Mourad Ziazikov, ancien général du FSB soutenu par le Kremlin, a été nommé à la tête de l?Ingouchie. Peut-on s?attendre à un durcissement des autorités ingouches à l?égard des réfugiés tchétchènes?

Des pressions sont d?ores et déjà exercées sur les réfugiés pour qu?ils rentrent en Tchétchénie. Des promesses d?aide financière sans lendemain ont également été tenues aux 2.000 premiers réfugiés à rentrer. Nous pouvons également constater qu?une partie de l?aide humanitaire n?arrive plus et que des fonds seraient bloqués par les autorités ingouches.

Enfin, quelle sera «l?après-mission»?

Ce rapport a été réalisé pour la 58e session de la Commission des droits de l?Homme de l?ONU. Dans la pratique, je reste dubitative sur l?efficacité des mesures qui pourraient être prises. Reste que l?un de nos objectifs est aussi de témoigner d?un conflit malheureusement peu médiatisé.


1 Le rapport de la mission est disponible sur www.fidh.org. Tchétchénie. Terreur et impunité : Un système organisé, mars 2002, n°328 - Hors-série de la Lettre mensuelle de la FIDH.
Auteurs du rapport : Anne Le Huérou, Bleuenn Isambard, Juliane Falloux.
2 Mémorial est une association russe de défense des droits de l?homme. Elle dispose d?un site Internet : www.memo.ru

par Theophile publié dans : sos-tchetchenie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 31 mai 2006
Diaporamas - Stanley Greene


Un témoignage sur la Tchétchénie et ce qui pourrait bien être la dernière des guerres "classiques". Une réflexion sur le métier de photographe, sur l'engagement et sur ce qui signifie "témoigner". Un document qui interdit l'oubli, qui met en cause le crime de l'armée russe mais également notre indifférence... Plaie à vif, l'ouvrage dans lequel Stanley Greene a réuni ses dix années de travail en Tchétchénie, est tout cela à la fois.

Photos en noir et blanc, en couleurs, textes, légendes, récits, documents officiels, carnet de notes, grandes et petites histoires... des matériaux multiples composent ce document incontournable, auquel fait écho l'exposition intitulée "Fragments de guerre", organisée par la galerie VU.

Le diaporama que nous vous proposons de découvrir contient douze de ces photographies, toutes choisies et commentées par ce photographe ouvertement engagé qu'est Stanley Greene. Un photographe qui "exige" notre regard sur la souffrance des autres et pose des questions essentielles sur l'humain.
     













par Theophile publié dans : sos-tchetchenie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 29 mai 2006

Témoignages de Tchétchènie


N'oubliez pas le Forum  http://sos-tchetchenie.forumzen.com/  et faites le connaitre !

Voici le témoignage de Salambek, 17 ans, fils de Jahita, réfugié tchétchène en Ingouchie.

"Vers 10 heures du matin, ils nous ont fait sortir de la maison, moi et mon père, à coups de crosse. Ils nous ont fait monter dans un camion Oural, à l'arrière, à genoux, les mains sur la nuque, tête baissée. Ils nous battaient à coups de pied. Et si l'on bougeait, à coups de crosse. Ils nous ont emmenés à l'écart du village, à 2 ou 3 kilomètres, dans l'atelier désaffecté de tracteurs. Dans le camion, je me suis senti mal. Ça amusait beaucoup les soldats russes. Ils se moquaient de moi. Quand nous sommes arrivés à la base de tracteurs, ils se sont mis à crier : "Les médecins ! Les médecins ! On a quelqu'un qui a besoin d'un médecin !" D'autres soldats sont venus me prendre. C'est un jeu entre eux. Ils ont des groupes différents. Il y a les "douaniers", les "bourreaux", les "médecins", etc. C'est comme un grand jeu. J'étais donc entre les mains des "médecins". Ils m'ont fait allonger par terre. Ils me donnaient des coups de pied dans le dos. Ils hurlaient : "Lève-toi ! Lève-toi ! Les bras en l'air !" Quand j'ai réussi à me relever, ils m'ont écarté les pieds, donné des coups dans les jambes pour que je tombe. Ils disaient : "Tu ne tiens pas debout ! Lève-toi !" Après, j'ai dû rester accroupi pendant des heures, sur la pointe des pieds.

Ils nous avaient mis dans une pièce, peut-être 200 hommes. Ils ont pris Hussein. C'est un Tchétchène de 25 ans qui vivait à Rostov-sur-le-Don [sud de la Russie] et qui était venu voir sa famille, à côté de chez nous. Il avait un beau survêtement avec une poche sur la poitrine. Ils lui ont dit : "C'est une poche pour mettre un téléphone pour communiquer avec Khatab [un chef de guerre, volontaire islamiste saoudien qui se battait du côté tchétchène]." Ils lui ont dit : "On va te passer Khatab au téléphone." Alors ils lui ont mis des électrodes sur les oreilles. Et un soldat masqué a tourné la poignée du générateur électrique. Hussein a hurlé. Il a fini par perdre connaissance. Ils l'ont laissé par terre. Pendant ce temps-là, les autres étaient tous les mains en l'air, contre le mur, les jambes écartées. Un soldat passait derrière nous. Un autre comptait : "Un, deux, trois." Et le soldat tapait alors le troisième homme à coups de crosse. Celui-ci s'effondrait par terre. Et ils recommençaient comme cela, cette espèce de jeu, jusqu'à ce que tout le monde y soit passé. Ils s'amusaient beaucoup. Ils appelaient : "Bassaev ! [du nom de Chamil Bassaev, célèbre chef de guerre tchétchène]. Bassaev, sortez !"

Ils ont appelé un vieux du village, Mayerbek, qui est un peu sourd. Il n'a pas entendu. Alors ils l'ont sorti dans la cour et ils l'ont battu avec une lame de suspension de tracteur. Ils lui ont ouvert le crâne. Ils nous insultaient. Ils nous traitaient de "lèche-culs des wahhabites". Ils nous disaient qu'on se faisait… par les wahhabites. Régulièrement les soldats venaient prendre un homme. Puis on entendait des cris horribles, des pleurs. Ils torturaient à l'électricité. D'autres soldats avaient des chiens. Certains d'entre nous revenaient avec des morsures plein les jambes. Quand je suis sorti, je pouvais à peine marcher. J'avais le corps couvert d'hématomes. "

Le témoignage de Malika, 25 ans, mère de trois enfants, réfugiée tchétchène en Ingouchie."Le 30 décembre, tôt le matin, des soldats russes masqués ont fait irruption dans ma maison, à Tsotsin Iourt. Mon mari s'était déjà réfugié ici, en Ingouchie. Les soldats russes ont contacté leurs chefs par radio pour leur dire qu'il n'y avait qu'une femme et des enfants. Les soldats ont reçu l'ordre de m'emmener. Ils ont aussi pris tout ce qu'ils pouvaient emporter. Le reste, ils l'ont cassé. Après, les Russes ont fait signer des papiers à tout le village comme quoi ce que les soldats avaient volé, c'était des cadeaux que nous leur avions fait pour le nouvel an.Mes enfants sont restés seuls à la maison, gardés par des soldats avec des chiens. Ils étaient terrifiés. Ils hurlaient. Le plus jeune était encore au sein. Comme je refusais de les laisser seuls, j'ai pris un coup de crosse de fusil dans le dos. Ils m'ont fait monter dans un 4x4 Ouaz. Il y avait un colonel moustachu, sans masque, mais qui ne s'est pas présenté. Ils m'ont emmenée à l'atelier de tracteurs. J'ai passé la journée enfermée dans la voiture, dans la cour de l'atelier. Ils ont même refusé de me donner à boire. Les hommes étaient détenus dans les bâtiments. J'ai vu des BTR [transport de troupes blindé sur roues] arriver. Les blindés et les 4x4 étaient sans plaques. Sur l'un des blindés, à la place du numéro d'identification, il y avait une inscription à la peinture blanche : "La Tchétchénie, c'est notre paradis."Dans l'atelier, tous les Russes étaient masqués sauf le colonel. Les Russes ont sorti des blindés des hommes du village, qu'ils jetaient par terre, qu'ils battaient à coups de crosse. A un moment, ils ont fait sortir un homme du bâtiment. C'était Cheik Ahmed, un jeune du village que je connaissais. Ils l'ont poussé contre un BTR. Ils ont posé sa main contre le blindé. Ils lui ont coupé trois doigts et les oreilles avec un couteau militaire. Il hurlait. Après ils l'ont emmené quelque part. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Le soir, leur chef, le colonel moustachu, est monté dans le 4x4. Il m'a demandé dans quelle maison habitaient les combattants [indépendantistes tchétchènes]. "Parle, si tu veux revoir tes enfants, m'a-t-il dit. Sinon on t'emmène à Tchernokozovo [un camp de détention du nord de la Tchétchénie]." Je pensais à mes enfants, à la maison, au petit qui avait faim.Le lendemain, le 31 janvier, les soldats russes sont arrivés avec une camionnette. Ils en ont sorti 23 corps. Huit hommes du village que je ne connaissais que de vue ont été allongés sur le sol. Les 15 autres corps ont été jetés en vrac. Ils m'ont fait sortir de la voiture. Ils voulaient que je reconnaisse les corps. Certains avaient été tués par balle, d'autres égorgés au couteau. Quand je leur ai dit que je ne connaissais personne, ils ont pris une hache. Puis ils ont commencé à couper les mains et les oreilles des cadavres pour voir comment je réagissais. Après, ils m'ont emmenée dans un bâtiment vide, une étable désaffectée. Ils m'ont dit que j'avais des mains calleuses parce que je portais les armes, que je combattais. Je leur ai dit que je m'occupais seulement de mon potager. Ils ont posé mes mains à plat sur la table, les ont frappées à coups de bâton. Ils m'ont remis dans le 4x4, dans la cour. Le chef moustachu est remonté et m'a dit : "C'est la dernière fois. Ou tu parles ou je t'envoie à Tchernokozovo dans un blindé. Et tu as de la chance si tu y arrives vivante. Parle, si tu veux revoir tes enfants." Je l'ai assuré que je ne savais rien. Finalement, ils m'ont laissée partir. Le lendemain, j'ai pris le bébé et je suis partie pour l'Ingouchie. "

Le témoignage de Jahita, 45 ans, réfugiée tchétchène en Ingouchie.

"C'était le 22 août 2001. Osop, mon fils aîné, a voulu aller à Grozny, où nous sommes enregistrés [système de la "propiska"]. Il voulait un nouveau passeport [intérieur]. Au début de la seconde guerre, en octobre 1999, nous habitions Grozny. Notre maison a été détruite dans les bombardements. Alors nous nous sommes réfugiés dans le village natal de mon mari, à Tsotsin Iourt. [A 20 kilomètres à l'est de Grozny, Tsotsin Iourt compte environ 12 000 habitants.] Je ne voulais pas qu'Osop parte seul. Alors son ami Aslambek, 25 ans, l'a accompagné. C'est mon fils qui conduisait notre Jigouli [voiture Lada].

C'est en rentrant à Tsotsin Iourt, vers 16 heures, à la sortie de Grozny, qu'ils ont entendu des tirs derrière eux, venus des buissons le long de la route. Osop a été touché. Une balle qui lui a traversé le cou. Les soldats russes se sont précipités vers la voiture. Ils ont sorti mon fils. Il perdait son sang. Il était en train de mourir. Les militaires russes l'ont jeté par terre. Ils l'ont battu. Aslambek, son ami, les suppliait de l'épargner. Il m'a dit qu'il avait même embrassé leurs bottes pour qu'ils acceptent de faire soigner la blessure. Mais au lieu d'écouter Aslambek, les militaires se moquaient de lui. Et ils le battaient, le battaient. De plus en plus. Ils étaient ivres. Quand mon fils est mort, les militaires ont mis son corps dans la Jigouli. Puis ils ont fait sauter la voiture à l'explosif.

Osop était un garçon gentil, très obéissant. Il n'a jamais participé au combat. Il faisait pousser des tomates, des concombres. Il bricolait dans les maisons. Il s'occupait de ses parents. Il nous aimait. Il s'était marié il y a quatre ans. Sa petite fille a maintenant 3 ans. Il avait 23 ans. Ce jour-là, c'était son anniversaire de mariage. Il avait dit à sa femme qu'il lui rapporterait des parfums de Grozny. Les Russes ont menacé Aslambek de mort s'il parlait. Lorsqu'on a retrouvé la voiture avec le corps d'Osop, la police a ouvert une enquête. Aslambek a témoigné. Un mois plus tard, des militaires masqués sont venus l'arrêter chez lui vers 5 heures du matin. On ne l'a plus jamais revu. L'enquêteur nous a dit que les responsables étaient d'une unité du GRU [les services secrets de l'armée russe]. Il nous a dit que si nous insistions pour qu'une enquête soit menée, le GRU se vengerait sur toute la famille. Alors mon mari a demandé la clôture de l'enquête.

J'ai peur. J'ai peur pour mon mari. J'ai peur pour le seul fils qu'il me reste, Salambek. Nous nous sommes réfugiés dans ce camp, en Ingouchie. Je ne veux pas que vous écriviez mon nom de famille. Sinon je sais qu'ils vont venir ici, la nuit, qu'ils vont me prendre mon dernier fils, qu'ils vont le tuer. ""
par Theophile publié dans : sos-tchetchenie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 29 mai 2006

Le pouvoir russe harcèle les ONG travaillant sur la Tchétchénie

 
N'oubliez pas le Forum  http://sos-tchetchenie.forumzen.com/  et faites le connaitre !



Les agents des services secrets russes ont convoqué Stanislav Dmitrievski, le responsable de l’ONG "Amitié russo-tchétchène", à Nijni Novgorod, jeudi 20 janvier, jour de l’arrivée en Russie de Michel Barnier. Ils ont expliqué à ce défenseur des droits de l’homme que des informations publiées dans le journal de l’association, notamment une lettre ouverte du chef indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov adressée au Parlement européen, pouvaient tomber sous le coup de la loi antiterroriste. Ils ont saisi des documents, et veulent empêcher la publication de cette feuille d’information consacrée aux événements en Tchétchénie.

L’ONG, qui regroupe des intellectuels et militants démocrates de cette ville de la Volga, n’en est pas à son premier démêlé avec les autorités russes. Mais cette descente des services secrets est intervenue une semaine seulement après une opération similaire, menée à Nazran, le chef-lieu de l’Ingouchie dans le Caucase du Nord. Le local visé était celui du centre de presse du "Conseil des ONG", qui s’efforce aussi de collecter et diffuser des informations sur la Tchétchénie. Les hommes du FSB, les services secrets russes, étaient vêtus de masques et braquaient des armes automatiques sur les employés, plaqués au sol. Des ordinateurs et des documents ont été saisis.

Ces incidents ont été dénoncés par la Fédération Internationale Helsinki comme relevant d’une "politique destructive d’intimidation des défenseurs des droits de l’homme qui s’efforcent d’œuvrer pour la paix et la justice en Tchétchénie".

PRISES D’OTAGES

Après avoir interdit l’accès libre à la Tchétchénie aux médias, le Kremlin s’applique désormais, selon Tatiana Kassatkina, de l’association Memorial à Moscou, à empêcher toute diffusion indépendante d’informations sur la situation dans la République par des ONG russes. "Nous sentons les menaces de fermeture qui pèsent sur nous et cela donne des frissons dans le dos", dit cette ancienne biologiste, infatigable militante au sein de l’organisation fondée par Andrei Sakharov.

Aucune de ces informations - pas plus que celle faisant état de l’enlèvement en décembre, par les forces de l’ordre, de huit membres de la famille de Aslan Maskhadov en Tchétchénie - n’ont donné lieu à des commentaires, vendredi 21 janvier, lors de la conférence de presse conjointe des ministres français et russes des affaires étrangères et de la défense à Moscou, ce qui a permis au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, d’affirmer que la situation en Tchétchénie ne posait plus de problème "puisque personne ne m’a posé la moindre question là-dessus".

Le procureur général de Russie, Vladimir Oustinov, s’était prononcé, au lendemain du drame de Beslan, fin 2004, en faveur d’une nouvelle méthode pour réduire des "groupes de terroristes" : la prise en otage, par l’armée ou la police, de membres de leurs familles. Des milices tchétchènes prorusses, dont le chef, Ramzan Kadyrov, connu pour sa réputation de tortionnaire, a été récemment décoré par Vladimir Poutine de la médaille du "Héros de la Russie", ont ainsi procédé à l’enlèvement de proches de Aslan Maskhadov, avant de les conduire vers un lieu de détention secret.

Natalie Nougayrède


par Theophile publié dans : sos-tchetchenie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 24 mai 2006


 Ré a g i s s o n s   t o u s   e n s e m b l e  
 pour faire condamner ce criminel en col blanc.

Enlèvements , tortures ,viols, fagots humains , génocide.



               



 N'oubliez pas le Forum
  
http://sos-tchetchenie.forumzen.com/  et faites le connaitre !

Aujourd'hui
 encore , malgré le huis clos imposé par Moscou
et les sbires de Kadyrov junior on sait que les violences continuent. 

Mais dans une indifférence asourdissante qui profite bien sur au Président Poutine
la barbarie russe et les supplétifs tchétchènes à la solde des Russes sont décidés à en finir avec ceux qu'ils nomment les rebelles , femmes et enfants copris. Doit on oser parler de "génocide" ?

Que fait donc notre Président Chirac ?  Membre du Conseil européen la Fédération de Russie se frotte les mains !  Au nom de la lutte internationale contre le terrorisme la cible tchétchène tombe à pic.


POURQUOI LA GUERRE ?

Plusieurs choses frappent dans le conflit russo-tchétchène:
1.la disproportion des forces en présence
2.l'extrême violence exercée contre les civils
3.le mutisme des dirigeants occidentaux
4.l'obstination de l'Etat et de l'armée russes et enfin face à eux , celle de la résistance tchétchène.

POURQUOI ?

Informez vous . Documentez vous. Accédez à ces émouvants témoignages .
COCA , La Colombe de Tchétchénie du réalisateur suisse Eric BERGRAUT.
http://www.k-films.fr/distribution/films/coca.html

A la rencontre de Sainap GACHAIEVA.


Liens importants que Vladimir Poutine n'aime pas du tout :
informations complémentaires:
http://www.groupetchetchenie.org/flash/fr/index.htm
http://www.etudessansfrontieres.org/en/SitesDossiersInternet

http://www.tchetchenie.ipfixe.com/
http://www.comite-tchetchenie.org/
http://www.marcho.net/
http://www.cst.ras.eu.org/
http://www.esf-tchetchenie.org/
http://www.memo.ru/ http://www.fidh.org/europ/tchetch.htm
http://www.amnesty.asso.fr/02_agir/24_campagnes/russie/russie_sommaire.htm
http://www.mdm-international.org/
http://www.chechentimes.org/fr/




Tchétchénie,
pays de la zatchistka



Par Célia CHAUFFOUR
Le 01/07/2002
Entretien avec Bleuenn Isambard, membre de la mission d’enquête de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme - FIDH- en Ingouchie, février 2002(1)

 

 

 

 

 

Vous avez été mandatée par la FIDH pour recueillir des témoignages sur les opérations de nettoyage menées par les forces armées russes en Tchétchénie. Comment se déroulent ces manœuvres militaires, et qui visent-elles?

Les opérations de nettoyage, en russe zatchistka, consistent officiellement à vérifier l’enregistrement des citoyens tchétchènes sur leur lieu de vie et lors de leurs déplacements dans la république de Tchétchénie. Ces opérations donnent lieu à des pillages et à des arrestations systématiques.

Le principe est toujours le même: des unités russes, pouvant compter jusqu’à 4.000 hommes, encerclent de nuit un village entier avec de l’artillerie lourde et des tanks. Les soldats attendent alors le lever du jour pour entrer dans les maisons, piller la nourriture, les meubles et les vêtements, mais surtout, arrêter des «suspects» terroristes. Leurs victimes sont principalement des hommes âgés de 15 à 60 ans. Ils sont ensuite rassemblés dans des « points de filtration » autour du village. Il s’agit généralement de fosses creusées dans la terre, ou de bâtiments désaffectés, que les militaires russes transforment en lieux de torture.

Cette pratique très répandue, qui peut parfois durer de 2 à 12 jours, s’est considérablement intensifiée depuis l’automne 2001. Certains villages, moins pauvres que d’autres, sont plus particulièrement frappés. En février dernier, des habitants du village de Tsotsin-Yourt nous ont ainsi déclaré avoir subi 37 zatchistka depuis le début de la seconde guerre.

S’agit-il d’opérations militaires légales?

Ces manœuvres sont prétendument légitimées par l’article 13 de la loi anti-terroriste du 3 juillet 1998. Cette dernière autorise, lors d’opérations anti-terroristes, les soldats russes à entrer dans les maisons pour perquisitionner les voitures ou arrêter des suspects. Mais, il s’agit d’une loi floue. Il n’y a aucune réelle législation en la matière.

Peut-on dire que la guerre a pris, depuis maintenant plus d’un an et demi, un nouveau visage, celui d’une guérilla?

Les militaires russes sont extrêmement présents de par leurs nombreuses exactions. Mais, il y a très peu de vrais combats, et sans véritable ligne de front. Les bombardements massifs du début de la guerre ont été remplacés par ces pillages, enlèvements et meurtres à répétition.

Quelles sont les régions les plus touchées?

Ce sont principalement les régions du centre et du sud de la Tchétchénie. Située au sud-ouest, à proximité des montagnes, la région d’Ourous-Martan est particulièrement visée. Depuis le début de la guerre, elle est connue pour abriter une majorité de combattants tchétchènes. Mais, elle subit depuis peu une nouvelle forme de violence armée. Y sévissent les attaques de ce que l’association russe Mémorial (2), avec laquelle nous travaillons, appelle les «escadrons de la mort». Ce sont des groupes de soldats russes armés et masqués de cagoules noires, qui pénètrent de nuit dans les maisons et enlèvent les jeunes hommes. Autant d’arrestations arbitraires qui se soldent la plupart du temps par des disparitions.

Dans votre rapport, vous parlez d’un «marché des morts et des vivants». De quoi s’agit-il?

Il y a tout un marchandage autour des prisonniers tchétchènes, qu’ils soient morts ou vivants. Il s’agit d’un système parfaitement rodé. Les familles peuvent payer la libération d’un parent prisonnier en versant des sommes, plus ou moins élevées, aux soldats russes. Il est également très fréquent de voir les Tchétchènes acheter, contre 1.000 à 3.000 roubles, le cadavre du disparu.

Ce marché macabre s’est considérablement développé depuis près d’un an et demi, avec l’arrivée du FSB -l’ex-KGB- à la tête des opérations anti-terroristes. Toute une micro-économie s’est donc mise en place et généralisée autour de ces nettoyages. La Tchétchénie est véritablement devenue un pays à piller. Selon nous, il s’agit même d’une des raisons pour lesquelles la guerre perdure.

Selon vous, ces opérations résultent donc d’un système organisé, et non d’exactions isolées?

Exactement. Si le discours officiel russe prétexte des débordements ou des cas de désobéissance isolés, le déroulement même des arrestations et des détentions de Tchétchènes tend à prouver le contraire. Les prisonniers tchétchènes, enlevés lors de nettoyages ou à des postes de contrôle, sont emmenés dans des lieux de détention légale, comme les isolateurs de détention provisoire, IVS en russe, mais, plus souvent, dans des lieux de détention illégale. Ce sont en général des fosses, des usines désaffectées, ou encore des antennes locales du FSB.

La présence de fosses communes à Khankala, le quartier général des forces fédérales en Tchétchénie situé en banlieue de Grozny, est elle aussi avérée. Elle confirme l’existence d’un système centralisé. Les familles de victimes savent ainsi que, pour libérer contre rançon un parent arrêté sur le territoire tchétchène, elles peuvent se rendre à Khankala. C’est une sorte de non-dit connu de tous.

Vous avez parlé des arrestations et meurtres visant la population masculine. Qu’en est-il des femmes ? Avez-vous réussi à obtenir des témoignages de viols commis lors des opérations de nettoyage?

Dans la société tchétchène, le viol est un acte déshonorant qui touche toute la famille de la victime. La femme violée étant généralement répudiée par son mari, elle ne cherchera donc à témoigner. Bien au contraire.

La population civile a-t-elle ressenti une intensification de la violence armée suite au 11 septembre 2001?

Vladimir Poutine et le commandement russe se sont, sans aucun doute, sentis plus légitimés. Mais nous ne pouvons pas réellement parler d’intensification flagrante.

Quels sont les recours judiciaires des victimes tchétchènes?

Les rares tribunaux tchétchènes, qui ne sont rouverts que depuis janvier 2001, exercent une justice à double vitesse. Si l’on s’empresse de juger les Tchétchènes, les enquêtes criminelles à l’encontre des soldats russes sont souvent suspendues. Quand les soldats ne sont pas acquittés ou jugés «irresponsables», comme ce fut le cas dernièrement lors du retentissant procès du colonel Boudanov. Des enquêtes criminelles sont donc fréquemment ouvertes, mais n’aboutissent que très rarement. Jusqu’à présent, seuls 30 militaires ont été condamnés par la justice civile. Et nous ne connaissons pas les affaires traitées par les tribunaux militaires, dont relèvent par exemple les unités du ministère de la Défense.

Les militaires russes jouissent donc d’une impunité quasi-totale?

Oui. Bien plus que cela, il s’agit d’un système organisé, reposant sur la non-identification des criminels. Lors des nettoyages, les soldats se rendent souvent méconnaissables en se masquant, ou en camouflant la plaque d’immatriculation de leur véhicule par de la boue. D’où l’impossibilité de déterminer à quelle unité ou division ils appartiennent. Un problème qui prend toute son ampleur si l’on considère la complexité de l’infrastructure militaire russe en Tchétchénie. Il y a, en effet, de nombreuses unités impliquées dans le conflit depuis le FSB, le ministère de l’Intérieur jusqu’au ministère des Situations d’urgence.

Certains soldats russes devancent même toute poursuite judiciaire. Il arrive que des familles, rachetant le corps d’un fils exécuté, aient ainsi à signer une déclaration stipulant que le défunt était un combattant. Un moyen efficace auquel ont recours les militaires, quand ce ne sont pas simplement des menaces de représailles.

Vous vous êtes, par ailleurs, rendue dans les camps de réfugiés tchétchènes en Ingouchie. Qu’avez-vous constaté?

Nous avons visité les camps de Karaboulak et Malgobek, et rencontré des réfugiés dans les locaux de Mémorial à Nazran, la capitale ingouche. D’après les témoignages recueillis et nos propres constatations, les infrastructures sont minimes. Les réfugiés dorment dans des tentes du HCR, le Haut-Commissariat des Nations Unis aux Réfugiés, et jusqu’à très récemment, dans des wagons de train. Une situation peu reluisante qui s’accompagne notamment de nombreuses coupures d’eau et d’une précarité permanente.

L’exode tchétchène se poursuit-il?

On estime à 200.000 réfugiés tchétchènes présents en Ingouchie. Mais, l’exode est difficilement identifiable. Les nombreux allers-retours quotidiens entre ces deux pays frontaliers font qu’il ne s’agit ici que d’une estimation. Ce sont surtout des femmes tchétchènes qui traversent la frontière pour se rendre en Ingouchie, et vendre sur le marché des produits artisanaux ou voir de la famille.

En mars dernier, Mourad Ziazikov, ancien général du FSB soutenu par le Kremlin, a été nommé à la tête de l’Ingouchie. Peut-on s’attendre à un durcissement des autorités ingouches à l’égard des réfugiés tchétchènes?

Des pressions sont d’ores et déjà exercées sur les réfugiés pour qu’ils rentrent en Tchétchénie. Des promesses d’aide financière sans lendemain ont également été tenues aux 2.000 premiers réfugiés à rentrer. Nous pouvons également constater qu’une partie de l’aide humanitaire n’arrive plus et que des fonds seraient bloqués par les autorités ingouches.

Enfin, quelle sera «l’après-mission»?

Ce rapport a été réalisé pour la 58e session de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU. Dans la pratique, je reste dubitative sur l’efficacité des mesures qui pourraient être prises. Reste que l’un de nos objectifs est aussi de témoigner d’un conflit malheureusement peu médiatisé.


1 Le rapport de la mission est disponible sur www.fidh.org. Tchétchénie. Terreur et impunité : Un système organisé, mars 2002, n°328 - Hors-série de la Lettre mensuelle de la FIDH.
Auteurs du rapport : Anne Le Huérou, Bleuenn Isambard, Juliane Falloux.
2 Mémorial est une association russe de défense des droits de l’homme. Elle dispose d’un site Internet : www.memo.ru

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Theophile publié dans : sos-tchetchenie
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus